Témoignage : le cancer guéri, un autre regard vers le reste de ma vie

 
octobre-rose-temoignage.jpg

De même que l’on ne s’imagine jamais malade, on ne s’imagine pas non plus vieux. Un peu vieux éventuellement, mais jamais autant que ces 2 petites dames qui se suivaient dans la rue ce matin. Toutes petites, légères comme des plumes, un peu voûtées, une aux cheveux blancs et l’autre du roux caractéristique des coiffures de vieilles dames teintes. Mes yeux ont accroché leurs 2 paires d’yeux bleus délavés, concentrés sur la marche, surement pour ne pas buter sur un obstacle.

Il y a eu un moment de ma vie où je ne pouvais m’imaginer vieille. Un cancer du sein a failli empêcher cela il y a 15 ans maintenant.  Heureusement, la guérison est de plus en plus souvent au rendez-vous du cancer du sein des femmes. Surtout s’il est dépisté à temps. 

Bravo la médecine ! Elle me donne cette chance inouïe, celle de vieillir après un cancer ! Alors, je crois que vieille dame, je ne me plaindrai jamais. Parce que la maladie fait découvrir à quel point vivre vieux est encore le seul moyen de rester vivant.  Quand on a traversé l’épreuve du cancer, et qu’on en a vu le bout, on réalise la place et l’intérêt de la médecine. J’ai compris qu’elle m’a permis de voir grandir mes enfants, naître mes petits-enfants. Même si mon corps n’est plus celui d’avant la maladie… 

Le cancer, c’est un chemin. C’est la révélation de la fragilité de l’humain, de sa propre finitude possible. Un autre regard vers le reste de sa vie, une manière différente de voir les choses une fois qu’on est guéri.  Ma plus grande peur était l’idée de ne pas vieillir. La bagarre en vaut la peine, c’est vraiment bien d’avoir des rides et des cheveux blancs … 

J’ai beau être médecin, cela ne protège pas de la maladie. Personne n’est à l’abri. Dans mon cas, j’étais encore trop jeune à l’époque pour entrer dans le dépistage. Je recommande vivement ce dépistage du cancer du sein. Malgré les critiques  actuelles de certains envers cette action, je continue à en vanter l’intérêt. Parce qu’un cancer au stade de début guérit bien mieux et avec un traitement bien plus léger qu’un cancer trouvé tardivement.

Faites-vous dépister ! Et pas seulement en octobre, toute l’année aussi !  Un dépistage n’évite pas la maladie, mais il permet à la maladie de ne pas gagner la partie. 

Dr Marion Lagneau


 
blogMartin Thibault